Guru Puja, Dollis Hill 1979

London (England)


Feedback
Share

Guru Puja. Dollis Hill Ashram, London (UK), 8 July 1979.

English transcript: IBP verified
Traduction: vérifiée. Ver 15/10/2014.

Aujourd’hui c’est le jour du Guru Purnima, c’est jour de pleine lune, c’est pour cela que ce jour est appelé Purnima. Le guru doit être tel la pleine lune, c’est à dire ayant une croissance complète, étant à complète maturité. Il existe 16 kalas ou phases de la lune, et quand le [jour du] Purnima complet arrive, le jour de la pleine lune, tous ces 16 kalas sont achevés. Vous savez que le Vishuddhi a également 16 sous-plexus. Lorsque l’on décrit Krishna en tant que Virata, on l’appelle le Sampurna, l’incarnation complète de l’aspect de Vishnu, parce qu’Il possède ces 16 phases totalement achevées. Donc le chiffre du jour est le 16 : 6 +1 = 7.

A présent, nous devons comprendre l’importance du guru. Pourquoi devrions-nous avoir un guru quand nous avons Dieu ? Nous avons la Shakti, alors pourquoi devrions-nous avoir un guru ? Pourquoi avons-nous besoin d’un guru ? Guru signifie ‘le poids’, ‘le poids’. Nous sommes dotés d’un poids grâce aux forces magnétiques de la gravité de la Terre Mère. Donc ‘guru’ veut dire ‘gravité’, la gravité chez une personne. Pourquoi avons-nous besoin d’un guru ? Car connaître Dieu est aisé, particulièrement dans Sahaja Yoga, ainsi que s’unir à Lui. Dès que vous avez votre Réalisation du Soi en Sahaja Yoga, le Sahaja Yoga moderne, immédiatement vous avez le droit de donner la Réalisation aux autres. Il était dit que le guru est celui qui vous fait rencontrer le Divin. Ce n’est pas vrai parce que n’importe quelle personne réalisée dans Sahaja Yoga peut élever la Kundalini et peut donner la Réalisation du Soi aux autres, immédiatement après avoir atteint le Sahasrara ou ouvert le Sahasrara. Mais normalement une âme réalisée ne peut pas le faire. N’importe quelle âme réalisée ne peut le faire de sa propre initiative, elle doit avoir Mon accord en tant que Celle que Je suis aujourd’hui.

C’est pour cela que l’on disait que le guru est une personne qui vous fait rencontrer Dieu, vous fait percevoir la Kundalini ainsi que vous unir à Dieu. En effet, en ces temps-là, lorsque les gurus avaient la Réalisation du Soi, lorsque les gurus étaient réalisés, ils avaient l’autorité et le pouvoir d’élever la Kundalini uniquement après avoir atteint un très haut niveau d’évolution, une purification totale et un détachement complet.

Donc il n’était pas possible aux gens de donner la Réalisation quand ils venaient juste d’accéder à l’état réalisé. La plupart des gurus des temps anciens commençaient d’abord par nettoyer les gens, d’abord les purifier un par un, élever la Kundalini, l’amener dans chaque chakra puis leur donner la Réalisation. C’était une technique toute différente, on peut dire que c’était une technique « char à bœufs » [lente]. C’est pour cela qu’un mantra était donné pour le chakra particulier où le problème se situait, où la Kundalini était stoppée. A ce sujet, certains devaient travailler pendant au moins 10 années sur un seul chakra pour réussir à le débloquer. J’ai connu des personnes qui ont travaillé sur l’Agnya pendant 10 ans, 20 ans. Mais vous savez qu’en Sahaja Yoga, on peut le nettoyer juste comme ça. Cela vient de votre guna particulier et de son bon état.

Donc l’idée première que celui qui vous fait rencontrer Dieu est le guru, doit être un peut ajustée car aujourd’hui c’est un jeu d’enfant pour vous de lever la Kundalini et de leur permettre l’union avec le Divin. Cependant vous ne devenez pas pour autant un guru au sens de la terminologie de Sahaja Yoga. Même si vous avez des vikalpas, si vous avez des doutes à propos de Sahaja Yoga, vous pouvez tout de même élever la Kundalini. Même lorsque votre chitta, votre attention, n’est pas claire et nette, vous pouvez le faire, cela reste malgré tout la vérité pure. Comment cela se fait-il ? Comment cela a t-il fonctionné de cette façon, si magnifiquement ? Cela a fonctionné ! Je dirais qu’à ce moment critique… Je vous l’expliquerai peut-être plus tard. Mais cela est ‘purement’ divin, sans aucune contamination quel que soit l’état dans lequel vous pouvez vous trouver, cela coule, c’est absolument du ‘pur’ divin.

Avec les autres, c’était différent, ils devaient nettoyer, purifier. En tant qu’instrument vous êtes parfaits mais, en tant que guru, vous ne l’êtes pas. Quels que puissent être vos défauts ou quels que soient vos manques, vous levez vos mains et la Kundalini vibrera à votre demande. Sur vos doigts un pouvoir immense va vibrer. Vous pouvez demander à n’importe qui, ils vous diront qu’ils sont surpris et jaloux de vous. Ils ne peuvent pas comprendre comment, quand vous levez vos doigts, vous êtes de parfaits instruments. C’est parce que vous avez été créés par quelqu’un de réellement parfait. Mais vous n’êtes pas des gurus parfaits, cela vous devez le comprendre. Et c’est pour cela que vous avez besoin d’un guru pour vous enseigner tout cela, ce qu’est un guru parfait.

A présent, comme je vous l’ai dit, ‘guru’ signifie gravité. Vous ne pouvez pas dire où se trouve l’axe de la Terre Mère. Vous ne pouvez pas le voir. Je veux dire que vous ne pouvez pas le voir, vous ne pouvez pas le ressentir. Mais on dit que la Terre Mère effectue une rotation sur un axe. Donc c’est une énergie, une énergie sur laquelle la Terre Mère effectue sa rotation. De la même façon, ‘vous’ avez un axe qui est votre Sushumna, qui vous donne la gravité.

La première chose importante pour un guru est que votre centre de gravité soit unique. Tout se centre sur la gravité. Jusqu’à ce que votre attention soit complètement fixée sur ce centre de gravité à l’intérieur de vous qui est appelé ‘dhruva’ – c’est le point fixe – ‘vous’ ne pouvez pas devenir un guru. Ainsi la gravité en vous, vous vient en nettoyant votre attention, en observant votre attention, où elle va. Comment atteignez-vous ce point de gravité ou n’importe quoi qui possède un point de gravité ? Comment le découvrir en vous ? En continuant d’en faire l’équilibrage et, lorsque l’équilibre est complet, à ce moment nous pouvons dire que, « Ceci est le point de gravité. » De la même façon votre attention devrait tenir votre centre de gravité en parfait équilibre. Donc le premier point est que vous devriez être une personne équilibrée. Mais une personne équilibrée n’est pas une personne figée. Elle n’est pas rigide. Tandis qu’une personne déséquilibrée court partout, ici et là. Même après être entrée dans Sahaja yoga, elle court après ceci et cela, et encore ça. Une telle personne ne peut pas accomplir grand chose. Stabilisez votre point de gravité, ce point d’équilibre, dans Sahaja Yoga.

Cela est plus important que quoi que ce soit d’autre. Avant toute chose, stabilisez votre point de gravité, et vous serez alors surpris de ce que, quoi que ce soit que vous voyiez, à part de Sahaja Yoga, qu’à la lumière de Sahaja Yoga, vous réaliserez comment cela a un lien avec Sahaja Yoga et avec votre point de gravité. Disons que cela aille à son encontre, là encore vous constaterez en quoi cela va à son encontre. Si cela va dans son sens, vous verrez en quoi cela se rapproche de lui. Par exemple vous lirez des livres et vous saurez tout de suite ce qui est la vérité et ce qui n’est pas la vérité. Mais si vous n’avez pas ou n’avez pas atteint ce point fixe, alors vous allez glisser de ce côté-ci ou de ce côté-là. Si toutes les autres choses peuvent vous attirer, vous pourrez glisser loin de la vérité. Donc ce point doit être fixé en premier lieu à l’intérieur de nous-mêmes.

Vous pouvez appeler cela ‘dhruva pada’, la position du point fixe à partir de laquelle nous comprenons que tout irradie à partir de lui.
Tout est contrôlé depuis ici [cette position], c’est la lumière à l’intérieur de nous grâce à laquelle nous voyons ce qui est obscurité et ce qui est réalité. Mais pour tout cela, même si vous glorifiez et récitez tous les noms, et entonnez tous les chants, cela n’a aucun sens sauf si vous développez une discipline à ce sujet. La discipline est le sthai bhav, ou vous pouvez l’appeler « l’émotion de la permanence » pour un guru sewa, ou pour devenir un guru.
Vous devez discipliner votre corps, discipliner votre mental, vous discipliner vous-même. Dans Sahaja Yoga, disons que cela est une chose si simple à acquérir, Je veux dire que vous êtes juste connectés, mais vous n’êtes pas un guru. Donc comment vous discipliner vous-même ? Certaines personnes, disons, se comportent de façon étrange au niveau physique. Dans ce cas, ils devraient y travailler pour avoir un comportement correct avec leur corps. Modelez votre corps. Ce n’est pas pour torturer votre corps mais pour le maîtriser. Par exemple je ne vous dirai pas d’aller vous asseoir dans l’eau glacée. C’est mauvais de vous geler vous-même et faire du tort à vos os. Mais vous devez faire tout ce qui est nécessaire pour avoir un corps souple, un corps qui puisse vivre dans n’importe quelle condition. Bien sûr, vous devrez aussi le forcer un peu afin que vous soyez capables de vous asseoir sur le sol correctement et que vous puissiez dormir sur le sol facilement. Il ne devrait pas y avoir de soucis à ce sujet. Vous devez vous discipliner.

Sahaja Yoga est une vraie bénédiction, mais il s’agit peut être d’une bénédiction déguisée parfois. Si vous le prenez pour acquis, vous allez être entraînés à l’extérieur. Vous n’irez pas très loin. Donc le corps devrait être tel qu’il soit capable de supporter une lourde charge, de travailler beaucoup. C’est à vous de décider pour votre propre corps. En fait vous pouvez observer comment est le corps de votre guru. Je travaille énormément grâce à Mon corps. Je peux travailler pendant des heures d’affilée. Je peux rester éveillée pendant des heures. Je ne dirai pas même une seule fois que Mon corps est en mauvais état. C’est une chose tellement superbe que Je possède. Mais c’est un très grand tapasya, austérité, que nous avons à ce niveau [physique]. C’est une immense austérité parce que c’est un corps humain qui doit travailler des tas de choses. Vous savez, au temps de Shri Rama, Il devait marcher pieds nus tout le temps. Il était roi mais devait vivre dans une hutte.

Donc ne soyez pas dominés par le luxe et le confort. Je ne veux pas dire que vous torturiez votre corps sans raison, ce n’est pas le but du tout, parce que Je dois toujours procurer un point d’équilibre. Mais ne dorlotez pas votre corps et qu’il devienne un obstacle à vos austérités. Gardez votre corps propre. Respectez votre corps. Et il sera très heureux quand il saura que vous l’avez utilisé dans un but divin.

Il existe un mot indien, bhaitak. Je ne sais pas s’il existe un équivalent en anglais mais bhaitak signifie ‘le pouvoir de l’assise’. C’est la gravité. Combien de temps pouvez-vous rester assis dans une position ? Quel est votre bhaitak ? Pour n’importe quelles études ou autres, ils vont vous demander : « Quel est votre bhaitak ? Avez-vous le bhaitak ? » Il s’agit du pouvoir de rester assis en un endroit. Combien de temps pouvez-vous rester continuellement assis ? C’est de cette façon que vous évaluez votre gravité. A moins que vous ne possédiez ce bhaitak, vous ne pouvez pas devenir un guru. Ainsi le corps doit être recentré correctement. Il doit être « sous-loué ». Il n’est pas question de devenir mince ou gros mais le corps devrait être tel que vous puissiez l’utiliser à vos fins de guru. Parfois vous vous apercevrez que vous ne pouvez pas dormir par terre. Lorsque vous dormirez par terre 3-4 jours, votre corps sera très content. Cela sera douloureux pendant 1 jour ou 2, cela sera douloureux. Mais ne faites pas affront à votre corps. Observez la situation sous un autre angle disciplinaire : nous ne prenons pas notre bain, nous ne nous gardons pas en forme. Alors nous insultons notre corps. Prenez soin de lui. Vous devrez peut-être veiller à sa souplesse, à la douceur du corps. Traitez-le avec respect. En devenant barbare, vous insultez votre corps. Donc le corps est très important. Il est composé de 5 éléments. Et ces 5 éléments en nous, en tant que guru, doivent scintiller. Je peux continuer à ce sujet mais maintenant c’est à ‘vous’ d’y réfléchir. Dans le futur, que devez-vous faire avec votre corps ? Comment allez-vous employer ces 5 éléments à l’intérieur de votre corps pour les purifier, les rendre beaux afin que votre lumière scintille ? La gravité vient ainsi à vous dans votre corps quand vous commencez à générer votre pouvoir ou votre principe du gurutva [gurutva tattwa], le principe de votre maîtrise [de ce qui se rapporte au guru], à l’aide de ce point de votre gravité.

Le deuxième point, c’est que votre attention devrait posséder cette gravité. Votre attention est très importante. Une personne qui est facilement perturbée, n’est pas une personne profonde. Ou qui est facilement tournée vers des choses telles que, disons, les émotions, ou vers toute autre, disons, quête intellectuelle. En tant que guru, vous aurez des tentations. On vous lancera absolument des défis. Si quelqu’un vous présente un super duel intellectuel ou quelque chose du genre, alors immédiatement vous vous sentirez défié à ce sujet et vous direz : « Très bien, laissez-moi gérer la situation. » Gérez-la d’un point de vue sahaj, avec votre centre de gravité. Asseyez simplement votre gravité et observez. Vous saurez tout de suite comment gérer la situation. Vous n’aurez même pas besoin de parler à cette personne, vous gérerez très bien la situation. Pas au niveau mental mais avec votre gravité.
L’attention possède de la gravité. Elle abaisse l’ego et le super ego des autres. Alors vous ne serez pas frustré ni effrayé. Si vous pouvez également commencer, à partir d’un levier extérieur, à agir sur les êtres humains, cela marchera, comme étudier votre attitude, voir comment vous vous comportez avec les autres. Ou bien étudiez votre attention, comment elle se comporte vis-à-vis de l’extérieur, ce qui attire leur attention, ce qui attire votre attention. Etudiez votre attention. Par cette observation, vous serez capable de fixer votre attention dans ses maryadas, dans ses limites. Une fois que vous placez des limites à votre attention, alors la profondeur commence à se développer. La personne qui n’a pas de limites, ne peut jamais avoir de la profondeur. Elle va perdre de vue l’arrière-plan, ne va pas tout approfondir. Il faut donc ici placer des limites grâce à la compréhension de votre attention, que : « Non, pas plus que ça. D’accord, pas plus que cela. »

J’ai vu des gens dans Sahaja Yoga qui s’intéressent à un patient. Pour eux ce patient devient important. Ou ils s’intéressent à une personne spécifique qui doit recevoir sa Réalisation, par exemple ma mère, mon père, mon, mon. Et ils en parlent tout le temps – mon boulot, mes vêtements : un genre de «mon/ma», et ils ne savent pas comment tracer la limite. Vous devez savoir où mettre la limite, c’est cela les maryadas. Sinon tout va s’agiter, vous deviendrez une personne frivole, il n’y aura plus là aucune gravité.

Ainsi vous devez savoir jusqu’où aller avec une personne dans vos échanges en tant que guru. Alors vous serez un maître. Mais, si vous ne savez pas où placer la limite, vous serez susceptible de la franchir et de tomber entre ses griffes.

Donc la meilleure façon de gérer la situation est d’entrer en conscience sans pensées, encore et encore et encore et encore, et vous l’établissez totalement. Certains se plaignent à Moi en disant que ce n’est pas une chose aisée à faire. C’est la chose la plus facile à faire si vous abandonnez toutes les autres choses stupides que vous êtes en train de faire. Et alors la gravité vous donnera la sagesse de faire la chose adéquate au bon moment.

L’ashram est l’endroit où l’on doit apprendre à être un guru, mais Je m’aperçois que cela n’est pas toujours une expérience concluante. Une fois qu’ils ont un ashram, ils prennent cela pour acquis. Ils pensent que c’est l’endroit où l’on peut venir s’installer gentiment et certains travailleront, d’autres prendront du bon temps, certains payeront, d’autres non. Il y aura surtout des disputes. Vous devez tout de suite vous rendre compte de la personne qui a réellement l’autorité spirituelle et essayer de la suivre. Au lieu de cela nous essayons de nous mélanger à des personnes qui ont une autorité spirituelle plus basse. Et si l’un dort jusqu’à 9h, tout le monde en fera autant. Dans un ashram personne ne devrait dormir après 6h. C’est une règle absolue. Sinon c’est absurde ! Vous devez vous coucher tôt et vous lever tôt. Autrement vous pouvez aller partager [une collectivité] à l’extérieur. Vous devez tous vous lever à 6h. Vous savez à quelle heure se lève votre Mère ? Et ce que Je découvre, c’est que personne n’est debout ici. Ils ne vont jamais se lever très tôt mais Je Me rends compte que personne n’est debout ici et qu’alors Mon attention est totalement gaspillée.

Ainsi vous ne réalisez pas l’importance de toutes ces choses, que ceci est une période de formation pour vous. C’est pour cela que vous êtes nés, vous avez cherché ceci pendant des siècles jusqu’à aujourd’hui, vous l’avez obtenu maintenant, vous devez vous discipliner. Mais j’ai constaté que dans les ashrams où les gens paient une forte somme, ils se lèvent à 6, 4 et 3 heures. Cela parce que, dans Sahaja Yoga, tout doit venir de ‘vous’. Ceci est le temps qui est pour ça [se former].

Au mieux Je peux demander aux gens qui ne sont pas corrects de s’éloigner pendant un certain temps, de vivre en dehors, et puis de rejoindre un ashram. Cela aidera un peu. Mais pas plus que cela car Je suis aussi une Mère bien qu’étant un Guru. C’est à vous de vous rendre mature par vous-même. Vous arriverez ainsi beaucoup plus vite à maturité que si Je vous impose certaines choses. Voir ce qui ne va pas chez les autres plutôt que chez vous ! Vous devez avoir de la discipline, une heure de lever le matin, faire un petit puja ou autre, passer au moins une demi-heure tous ensemble. Vous devez être prêt à 6h ou 6h30, vous asseoir, méditer. Maintenant Je dois édicter des règles pour vous car vous ne voulez pas le faire vous-même. Je suis également très surprise que beaucoup de gens ne connaissent même pas Mon Aarti par cœur, même après tant d’années. Voilà ce qu’est Sahaja Yoga, c’est ainsi parce que c’est une Mahamaya. Vous devez donc l’apprendre vous-même, le pratiquer vous-même.

C’est facile de parler de Sahaja Yoga, très simple de se tenir debout et d’en parler parce que, ce que vous avez entendu de votre Mère, vous le redites juste. Cela n’impressionnera pas l’autre personne, cela va seulement voltiger et tomber, car cela doit venir de votre centre de gravité. C’est la plus grande chose que vous puissiez faire pour vous-même, vous discipliner totalement vous-même. Et mettre en bon état votre corps et votre attention.

L’attention se corrige de beaucoup de manières. Comme Je l’ai dit, observez votre attention, où va t-elle ? Désormais, de quoi d’autre que de Sahaja Yoga allons-nous parler ? Y-a -t-il quelque chose de plus beau ou de plus intéressant, de plus probant que Sahaja Yoga ? Et quel est le travail du guru ? Rien d’autre que d’exposer le Parabrahma Lui-même, tout le travail du Divin. C’est ça le travail du guru. Exposer le travail complet du Divin est le travail d’un guru des temps modernes. Ne pas seulement lever la Kundalini. Mais après avoir levé la Kundalini, vous devriez être capable de dire tout et n’importe quelle chose sur les pouvoirs divins. Pour cela vous devez apprendre, vous devez lire, vous devez comprendre. Comprenez-vous maintenant la différence entre les anciens gurus et les gurus modernes ? Parce qu’ils instauraient une discipline tellement extraordinaire que seulement 1 ou 2 devenaient gurus. Ils passaient par tant d’études, d’interrogations, d’examens et de contrôles qu’à leur 75 ans environ, ils devenaient des gurus. Mais nous devons être rapides et la meilleure manière est de vous évaluer vous-même.

Peut-être que la tradition des pays occidentaux ne vous donnent pas beaucoup d’impetus [de penchant] pour la discipline. Cela signifie peut-être pour vous être privés de votre liberté. Mais une personne disciplinée est la seule qui peut être un Sahaja Yogi. La spontanéité fonctionne mieux chez une personne disciplinée. Une personne disciplinée est celle qui connaît la technique et son énergie est la spontanéité. Mais, pour une personne qui s’éparpille, qu’est-ce que la spontanéité va faire avec lui ? Cela ne peut pas fonctionner, l’instrument est si affreux. Ainsi ‘vous’ devez vous discipliner vous-même de sorte que les autres seront disciplinés par votre comportement.

Une fois que vous vous êtes discipliné vous-même, lorsque vous devenez un guru, vous avez certains privilèges en tant que maître. Et ceux-ci étaient utilisés comme des armes par de nombreux maîtres autrefois, mais vous n’avez pas besoin de les utiliser. Je vous dis seulement cela en passant, cela sert de levier. Tous les gurus étaient très colériques, ce qu’on n’attend pas d’un guru. Allaudin Khan Saab par exemple, qui était un grand musicien, le maître de Ravi Shankar, et Mon père était le conseiller politique du Maharaja de Mayyar et nous sommes allés là-bas, Moi aussi J’y étais. A cette époque Ravi Shankar était un artiste formé un peu ici et là, une sorte de formation. Je veux dire qu’il était tout à fait un bon artiste. Ainsi son guru avait un très grand respect pour Mon père, du genre qu’il avait l’habitude de traiter Mon père avec une très très grande déférence. Il jouait donc quelque chose. Il était très bon au Mridang. Il jouait du Mridang pour Mon père. Donc ce jour-là, le lahara était la mélodie qui devait être jouée, c’était la mélodie simple qu’il fallait juste jouer pour le mridangam qui devait être joué sur cette tonalité. Alors Mon père a demandé à Ravi Shankar de jouer. [partie manquante]

Et à la moindre erreur ils prenaient leur basse et vous frappaient encore assis. Aussi les gens étaient très prudents lorsqu’ils s’asseyaient près des fauteuils d’orchestre. Les gens se tenaient loin d’eux. Ils pouvaient jeter des pierres. Ils gardaient une chimta, une chimta grande comme ça. Quiconque s’approchait d’eux, ils les frappaient. Pour la moindre chose ils donnaient de la chimta au disciple. C’était un long instrument, vous savez, en fer et à double fourche. Et ils frappaient le pouce de la personne comme ça. Voilà la situation avant que J’arrive ici en tant que votre Guru. Vous voyez, c’est difficile d’être un guru et une mère. Je ne peux pas faire les deux choses à la fois.

Mais c’était cela la situation. Même ceux qui sont d’immenses artistes aujourd’hui, qui jouent si magnifiquement, comme vous allez écouter maintenant Khan Saab, allez lui poser des questions au sujet de son guru, combien de fois il a été frappé, absolument frappé pour toute erreur dans n’importe quel swara [note]. C’était la chasteté absolue, la discipline totale. Si le guru disait : « 5 heures demain », qu’il vienne ou pas, vous deviez être là à 5 heures. Dans tous les arts de style indien, ça se passait comme cela – une discipline totale. Sans discipline, même l’éducation n’était pas transmise. De terribles tyrans. Et c’est ce qu’ils utilisaient, que vous n’avez pas besoin d’utiliser dans Sahaja Yoga.

Il n’est pas nécessaire d’utiliser la colère dans Sahaja yoga. Cela parce que Je ne vous ai pas transmis de connaissances avec de la colère. Elles sont très rares les personnes qui M’ont vue en colère. Ce n’est pas la façon dont nous les Sahaja Yogis allons transmettre la connaissance aux autres. Nous devons être très plaisants et doux vu l’image de votre propre guru, car Elle est douce, Elle est très plaisante et Elle est très persuasive et gentille. Vous devez être à cette image, car cette image [de la colère], vous ne l’avez pas apprise. C’est pourquoi n’adoptez pas ce genre de style où les gens sont très en colère et s’expriment de façon très colérique. Cela ne sied pas à un Sahaja Yogi d’être comme cela. Je veux dire, ils avaient des pouvoirs tellement extraordinaires qu’ils pouvaient également transformer quelqu’un en cendres. Vous voyez, ils vivaient avec une telle colère. Et ils avaient un guru quelque part – Je dirais un rocher de Gibraltar – qu’une fois en face de lui, vous vous frappiez la tête. Au moins cela était une surprise – vous deviez être joliment frappé par lui, sinon ce n’était pas votre guru. C’était cela le système.

Aujourd’hui nous avons un grand artiste assis ici. Il doit aussi se souvenir de son guru qui a réellement dû le battre vraiment joliment avant de lui transmettre toute connaissance. Ils disaient que : « Sans frapper et buriner, vous ne pouvez pas faire un bon disciple. » Mais cette fois, vous allez défier cela et prouver que Notre Mère était extrêmement gentille et que, malgré cela, vous vous êtes façonné vous-même de belle façon par votre propre ciselage. C’est pour cela que Je vous demande de le faire vous-même car, en tant que Mère, Je ne le peux pas.

Et c’est pour cela qu’il en est de votre responsabilité. Ce que j’entends par là c’est que de cette façon aujourd’hui, c’est le jour où nous devons tous décider que nous allons être des gurus désormais. Je vais prendre Ma retraite en tant que guru. C’est très bien d’être une Mère pour vous tous. A présent vous devez être les gurus des autres personnes et pour cela vous devez savoir ce que vous devriez accomplir. Vous avez tous les pouvoirs en vous, vous pouvez les faire se manifester également. Mais vous ne pouvez pas avoir de suivants à moins de devenir un guru. C’est la seule différence qui existe. Si vous voulez avoir un suivant, alors vous devez vous ciseler vous-même dans ce style tel que, dès que les gens vous voient, ils disent : « Voici quelqu’un », avec cette gravité.

Je pense que ça sera suffisant pour aujourd’hui. Nous avons le puja. La seule chose, une dernière chose des plus importantes, c’est que vous ne pouvez pas jouer la comédie à ce sujet. Cela doit être tangible. Vous voyez, en vous montrant comme une personne grande et imposante, vous ne devenez pas cela. Au contraire, les gens vont croire que vous êtes fous. Cela doit venir de l’intérieur, vous devez développer cette dignité à l’intérieur de vous-même, cette pondération, cet équilibre, cette compréhension, à l’intérieur de vous-même. Une douce personnalité pondérée, une belle personnalité bienveillante mais se tenant au-dessus de tout le monde par sa gravité, sa profondeur, sa douceur, sa générosité, son comportement correct, sa netteté, sa propreté, par-dessus tout son amour, un cœur comme un océan, qui pardonne énormément.

Je suis persuadée que l’année prochaine nous aurons des gurus ici qui auront déjà des disciples autour d’eux.

Que Dieu vous bénisse tous !