Rien à discuter dans Sahaja Yoga

(India)

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Premier Puja. Tour de l’Inde 1989 Alibag 17 décembre 1989

Trad. RF Vérif1 MM TVD: 2016-1123

Bienvenue à vous tous. On a un petit peu reporté mais à l’instant on M’a informée que l’avion a même davantage de retard, alors J’ai pensé que c’est préférable d’avoir le puja maintenant bien que les Anglais nous aient dit qu’ils souhaitent participer dès le début. Ils ont toujours beaucoup plus de pujas, c’est peut-être cela la raison !

Donc maintenant nous sommes tous arrivés ici et nous allons commencer ce pèlerinage de voyager ensemble. Le voyage est de nature très subtile et, si vous saisissez pourquoi nous sommes ici, nous comprendrons que toute cette Création vous observe tous et tente de vous soutenir dans votre croissance pour que vous sentiez votre profondeur et ainsi puissiez apprécier votre Soi.

Le voyage ne sera peut-être pas très confortable. Les routes sont pleines de ralentisseurs de vitesse et de toutes sortes d’obstacles. J’ai senti que le voyage est comme notre croissance, que notre vitesse doit être ralentie. En Occident, on est devenu très rapide, sans doute, et pour ralentir cette vitesse on doit adopter un processus méditatif afin de sentir notre paix intérieure. De même, les pensées bombardent nos cerveaux et nous réagissons très vite aux autres et à ces pensées.

Donc on doit être conscient, on doit savoir ce qui se passe en vous-même, que les pensées vous bombardent, vous tentez de croître et il vous est très difficile de vous débarrasser des pensées. Le processus de la pensée peut débuter par vos conditionnements ou votre ego. Deux problèmes seulement ! Et c’est vous qui vous trouvez face au défi.

Ainsi il y a ces personnes simples au village qui commencent à tout observer mais ne réagissent pas. Si vous ne réagissez pas, alors vos pensées renonceront. Ainsi en premier vous devez vous observer, veiller à ne pas réagir mais vivre et apprécier le silence, les subtilités, la beauté, la gloire de votre être ainsi que ce qui vous entoure. Vous ne devez pas vous faire violence pour interrompre cette habitude mais seulement être aux aguets. Il n’est pas non plus nécessaire de trop en parler, ni nécessaire de penser à quoi que ce soit car, admettons que vous voyez un arbre, ce n’est qu’un arbre. Qu’allez-vous en penser ? Et quoi que vous en pensiez, ce sera un arbre !

Il n’y a pas de mal à apparaître un peu stupide – ce n’est pas important. Mais voici ce qu’est la base, quand on commence à analyser, on use nos propres nerfs, on empoisonne nos propres mental et cerveau.

Donc observer quelque chose sans analyse, sans y réfléchir, c’est la réalité. Si vous parvenez au point de tout observer sans réaction, vous êtes dans la réalité, et alors seulement la pénétration au sein des subtilités de ce qui vous entoure, de vos rapports humains, de vos amitiés, – de l’univers entier – cette pénétration se produit en vous.

C’est pourquoi J’ai dit que durant ce pèlerinage la première chose à retenir est que nous devons être conscients de nous-mêmes. Mais quand vous ne vous préoccupez que des autres, comment ils doivent se comporter : « Ils devraient agir ainsi ! » Abandonnez ce casse-tête à vos leaders, ce n’est pas votre affaire. Je sais que c’est un casse-tête pour eux mais c’est leur tâche, ça ira. Pourquoi voulez-vous vous casser la tête pour rien du tout ?

Ainsi juger les autres, penser aux autres, ce qu’ils font, leurs erreurs, tout ce à quoi vous pourriez penser, est incorrect – cela ne sera pas corrigé.

Comme Je connais des gens qui sont spécialement des bureaucrates, ils voyagent, disons, en voiture. Alors ils diront : « Je pense, voyez-vous, que cette route aurait dû aller dans cette direction » ou « Je pense qu’il aurait été mieux que cette maison soit orientée dans la direction opposée » – mais ce n’est pas le cas, vous voyez ? Elle ne sera pas orientée autrement. Ce sera comme c’est, alors à quoi sert de vous gaspiller le cerveau, le mental, votre pensée, à suggérer quelque chose qui ne se fera pas et ne se fera jamais.

Donc quand on commence à dire : « Je pense que ces arbres auraient dû être un peu plus hauts » – mais ils ne le sont pas ! « Je pense que les corbeaux devraient interrompre leur raffut » – ils ne le feront pas, donc acceptez juste.

Accepter est la voie pour apprécier. Mais accepter ne signifie pas tolérance car la tolérance signifie que vous devez accomplir beaucoup d’efforts pour accepter que les arbres aient cette même hauteur, qu’ils ne peuvent plus croître. Cela c’en est trop pour vous quand vous dites : « Je dois tolérer ceci, vous voyez, parce que mon cerveau ne l’accepte pas. »

Donc il y aura acceptation telle quelle ; quoi qu’on voie, l’accepter. C’est ainsi que les gens grandissent, Je l’ai vu, ceux qui commencent à accepter. C’est le signe. C’est le signe de leur force et de leur profondeur. Comme l’inclination de cette Mère Terre. Elle est ce qu’Elle est et Elle soutient ce qui est sur Elle. Si vous posez quelque chose de lourd sur Elle, Elle y appliquera une force égale et contraire et Elle soutiendra cette charge. Elle ne dira pas : « Je la tolère, J’exerce une quelconque pression » mais elle se contente d’accepter.

Ainsi la capacité de rester témoin et de prendre conscience se développe quand nous commençons juste à accepter les choses telles qu’elles sont. « Je pense », cela ne marche pas. « Je pense qu’il aurait été préférable ainsi » ne fonctionne pas.

Ensuite le second problème est : « J’aime ». Ainsi : « J’aime manger du gâteau. » Mais il n’y en a pas. Que faire ? Alors, ce qui est là, appréciez-le comme si c’était du gâteau. Mais si vous continuez à penser ainsi : « J’aime tout ce qui n’est pas là », vous ne pourrez jamais être heureux, c’est aussi simple que cela. Vous devez dire : « J’aime tout ce qui est là. J’apprécie tout ce qui est là », alors c’est la réalité. Ce qui n’existe pas, si vous l’aimez, qui peut y faire quoi que ce soit ?

Tout se passe de tant de manières, dans tant de facettes de la vie, que des gens tirent avantage de notre vulnérabilité croissante envers nos préférences et rejets, les entrepreneurs en tirent avantage et ils créent des préférences et des rejets dans nos têtes et y introduisent chaque jour de nouvelles idées. Je vois cela maintenant, leurs méthodes, par la TV, la presse, ceci, cela. Et alors quand vous dites : « J’aime ceci », la provenance de votre préférence est un conditionnement qui est introduit dans votre tête. Vous êtes l’esclave de ce conditionnement. « J’aime seulement les roses et je n’aime aucune autre fleur. » Pourquoi ? Pourquoi n’aimez-vous aucune autre fleur ? Et pour de telles choses, quoi qu’on ait, on rate la joie.

La seconde partie devrait être : « Apprécions tout. »

Pourquoi suis-Je ici ? Ce n’est certainement pas très confortable, alors pourquoi suis-Je ici ? Pour apprécier notre compagnie les uns des autres. Pour apprécier votre propre être. Plus vous avez de divergences à l’extérieur, faisant appel à votre ego et à vos conditionnements, plus cela occupe votre cerveau, alors vous ne pouvez plus rien apprécier.

Puis on en arrive à l’autre conditionnement qui est très subtil : « Je suis un Anglais » ou « Je suis un Américain » ou même « Je viens de la région de Derby » et ensuite « Je suis d’une autre région », et alors il vaut mieux former un groupe : la manie des groupes débute. De manière subtile, c’est une sorte d’insécurité. On commence à créer des clubs. Les animaux font souvent cela, ils le doivent car ils se sentent très peu sûrs. Et alors les êtres humains le font aussi, mais pas les Saints, ni les Anges. Ils ne forment pas de groupes car ils sont sans nationalité. La nationalité est aussi un conditionnement. Ils n’appartiennent à aucun endroit, à aucun pays.

Donc maintenant ceux qui sont arrivés par avion, qui devaient arriver [ensemble] car un vol arrive de chaque pays avec eux, doivent savoir une seule chose, que maintenant nous avons atterri et ici nous sommes tous des Sahaja Yogis et oubliez vos pays. Oubliez-les et mêlez-vous à d’autres gens. Svp ne formez pas de groupes. Il n’y a aucun besoin de former des groupes. Je vous demande que dans les bus, car déjà à l’aéroport vous formez des groupes et cela continue jusqu’à votre départ, Je pense qu’il serait bien de rompre cela et que des gens de différents pays et de différentes nationalités s’asseyent ensemble et se parlent, tentent de faire connaissance et de se découvrir mutuellement. Pas seulement ce que vous savez de la presse mais les divers problèmes de Sahaja Yoga : quels sont les problèmes de Sahaja Yoga dans un pays spécifique, ce qui se passe dans un pays spécifique.

Le pire conditionnement est aussi de lire. Lire sans lumière n’a pas de sens, et certains ont encore l’habitude de se souvenir de quelque chose qu’ils ont lu, c’est une sorte de vantardise comme on dit. Il est préférable d’écouter les autres. Laissez-les parler. Dans Sahaja Yoga, de quel thème débattrez-vous ? Je ne sais pas comment vous pouvez débattre de n’importe quoi. Vous voyez que ceci est vert, de quoi pouvez-vous discuter là-dessus ? Vous direz : « D’accord c’est vert, mais il y a…. » Un autre répondra : « Non, c’est vert, mais … » On peut poursuivre ainsi à en devenir fou.

Il n’y a pas besoin de discuter dans Sahaja Yoga. Je ne sais juste pas de quoi on discutera. Vous savez tout, comment s’élève la Kundalini, comment nettoyer les chakras, comment vous recevez la Réalisation. Vous savez tous qui « catche » et quoi, et vous savez comment cela nous affecte. Si c’est un fait, si c’est la vérité, c’est ce qui est, donc que reste-t-il à discuter ? Les discussions, c’est maintenant du passé. Vous êtes des gnostiques, vous êtes des gens qui savent. Vous avez la connaissance, mais la connaissance que vous avez est partagée entre vous tous. Au mieux, vous pouvez parler de vos expériences, de vos amitiés, comment vous les appréciez. Sinon il n’y a à débattre de rien dans Sahaja Yoga.

J’ai entendu que certains discutent. Je ne sais simplement pas comment on peut discuter à propos de Sahaja Yoga. Je serais très contente de savoir, si vous pouviez M’expliquer, comment on peut débattre au sujet de Sahaja Yoga.

On doit donc se souvenir que, quoi qu’on discute, on devrait parler de nos expériences, nos beaux moments, notre félicité, tout, et ne pas en débattre et l’analyser parce que ce serait complètement rabat-joie. Il n’y a pas de joie en cela, discuter est seulement tenter de montrer que vous savez mieux que l’autre, ou que vous pouvez donner une autre opinion. En Sahaja Yoga, il n’y a pas d’autre opinion. Si quelqu’un a un [blocage au] Nabhi, il a un [blocage au] Nabhi. Quelle autre opinion pouvez-vous avoir ?

Alors on cesse avec toutes ces sortes d’arguments et de débats et autres. Peut-être quelqu’un va-t-il dans la fausse direction, mais vous savez tous qu’il se trompe, donc à quoi bon en débattre ? Vous savez tous qu’il radote alors c’est en ordre. Vous en concluez : « Ouais, on sait on sait on sait. » Mais pas besoin d’en débattre ouvertement. Une fois que vous savez et que c’est dans votre conscience, la Paramchaitanya en prendra soin et vous n’aurez pas à vous en préoccuper du tout, de comment le corriger, comment le réparer, que faire. Ce n’est pas votre affaire, laissez juste cela à la Paramchaitanya et cela se réglera.

Nous sommes venus ici car ce pays a été très béni par tant de saints et de yogis et vous pouvez le voir dans les habitants, leur manière d’être, et c’est ainsi que, malgré toute la pauvreté, malgré toutes sortes d’inconforts et malgré le fait qu’ils n’ont connu aucunes grandes choses occidentales, cela ne les dérange pas.

Je suis allée en Russie. Bien sûr la Russie était impressionnante et tant de gens ont reçu la Réalisation. J’ai été très surprise de voir comment ces gens sont venus à Sahaja Yoga et l’ont accepté, mais un aspect était très bizarre qui était, Je dirais, à comparer aux villageois de ce pays. Ceux qui ne sont pas encore assez mûrs ne viendraient pas à Sahaja Yoga en tant que tel mais leur différence de caractère était vraiment remarquable, parce que, si vous allez en taxi, le chauffeur dit : « Avez-vous une cigarette Marlboro avec vous ? » J’ai dit : « Quoi ? Je n’ai jamais connu cela. » « Si vous en avez une, je vous transporterai gratuitement » ou « je vous demanderai très peu. » Un Indien ne dirait jamais une telle chose, il ne sait rien de tout cela et cela ne le dérange pas. Mais si un chauffeur de taxi indien parle, il dira : « Avez-vous une photo de Mataji avec vous ? » Quelle grande différence ! (Rires.)

Dans chaque aspect J’ai vu que c’est différent, il y a des villageois ici, des gens qui ne sont pas Sahaja Yogis, mais ils respectent, ils respectent les saints. A leurs yeux, un saint est plus important que toute autre chose. Personne n’exigera jamais rien de vous – jamais ! Même si vous voulez leur donner quelque chose, ils n’accepteront pas. Ils pourront tricher, certains vendeurs, mais ils ne vous demanderont jamais : « Donnez-moi ceci ou cela », cela ne se fait pas.

Ainsi Je pense qu’à la base, il y a une différence que nous devons comprendre, c’est que le matérialisme progresse beaucoup plus vite en Occident qu’en Inde – beaucoup plus vite. On doit faire attention à cela. Je vous amène maintenant à cette question importante : « Nous perdons-nous dans le matérialisme ? »

Vous savez naturellement que Je fais beaucoup de shopping. Je dois continuer à acheter, acheter, acheter, et J’achète pour vous tous et J’ai beaucoup acheté, pas de doute. Mais la différence entre Mes achats et les achats de nombre d’entre vous est ceci que, si J’achète, Je vais là-bas car Je sais que ce sera bien moins cher et bien mieux. Toutes les bonnes affaires seront disponibles là car Je suis là-bas – J’en suis sûre. Et ce sera facilement disponible dans la meilleure qualité et Je pourrai Me procurer des choses pour les gens car Je me souviendrai de tous ceux pour qui Je dois acheter quelque chose. Cela se passe toujours ainsi. Quand Je sors pour faire des achats, même si Je devrai faire face à quatre cents personnes, Je Me procurerai ce qu’il faut. C’est pourquoi Je dois y aller. Bien sûr, si vous devez y aller, alors vous devrez penser : « Qu’allons-nous acheter ? » J’ai vu qu’invariablement des Sahaja Yogis achèteront des choses pour des non-yogis, toujours, presque toujours : « J’achète pour ma mère, ma sœur qui est contre Sahaja Yoga. »

Pourquoi devriez-vous acheter pour quelqu’un qui est contre Sahaja Yoga ? Même si ce sont les membres les plus proches de votre famille, pensez-vous qu’ils le méritent ?

Nous devons savoir que nous sommes un corps et comme cette main doit se préoccuper de l’autre main, quand nous allons faire des achats ou faisons n’importe quoi, nous devrions toujours penser que nous allons acheter pour d’autres Sahaja Yogis. Bien sûr, Je vous ai dit qu’à moins que quelqu’un soit votre sœur par un raki par exemple, vous n’avez pas besoin d’offrir des cadeaux. Mais les femmes peuvent acheter pour des femmes et les hommes pour des hommes. Comprenez seulement une petite chose, que la matière sert à exprimer notre amour, c’est tout. Elle n’a pas d’autre sens. Je ne lui trouve aucun autre sens.

Alors au lieu d’acheter pour… Quand les gens voyagent d’ici, J’ai remarqué qu’ils agissent comme des commerçants. Bien sûr vous venez aussi comme des commerçants – mais c’est quelque chose de Dharmique. Mais quand vous partez d’ici, vous partez en tant que commerçants, et pour qui achetez-vous ? Vos membres de famille ne sont plus que des Sahaja Yogis, et seulement des Sahaja Yogis, qu’ils soient Indiens, Anglais, Chinois, Suisses, Français, Espagnols, Allemands, n’importe. Ils peuvent penser être – ils sont des Sahaja Yogis et ils sont nés dans le pays qu’on appelle le Royaume de Dieu. Svp soyez prudents sur ce point.

Aujourd’hui étant le premier jour, Je voulais tout vous expliquer de telle manière que vous vous souveniez que nous sommes en pèlerinage et que tous nous puissions faire croître notre [niveau de] conscience. Si vous ne pouvez pas faire croître votre [niveau de] conscience, c’est inutile. Une fois que vous commencerez à raisonner de cette manière vous serez surpris à quel point vous y gagnerez et jusqu’où vous parviendrez.

En fait il n’y a pas de « faites » et « ne faites pas » dans Sahaja Yoga, vraiment, et Je ne crois pas qu’on soit très disciplinaire non plus, en aucune manière. Mais c’est Sahaja Yoga qui d’une manière ou d’une autre vous discipline – Je n’ai rien besoin de vous dire. C’est comme le feu, si vous mettez votre main dans le feu il vous brûlera, que cela vous plaise ou pas. De même, si vous vous comportez de manière asahaj, vous devrez payer pour cela.

Vous savez en fait que vous ne voulez pas perdre vos vibrations, vous ne voulez pas devenir malheureux mais, cette fois, avec une compréhension et un respect bien plus profonds envers votre Soi et votre croissance, vous devez adopter une attitude très joyeuse et sérieuse.

Je suis sûre que cette fois vous allez tous seulement apprécier votre Soi.

Que Dieu vous bénisse !